La philosophie en milieu carcéral

 

Nous intervenons en milieu carcéral pour des ateliers philosophiques et méditation de pleine conscience.

 

Le but de ces ateliers est de créer un espace de débat qui susciterait l'envie de poursuivre la réflexion par des échanges apaisés et de donner les outils réflexifs pour construire une identité citoyenne.

 

Pour cela le choix est fait de partir des questions et de créer les conditions d'un échange qui respecte les règles d'un débat philosophique, en favorisant la définition des termes employés, en reformulant les idées proposées, en suscitant des réponses argumentées et en recentrant le débat si nécessaire...

 

Si l’attitude philosophique consiste à considérer que rien ne va de soi — qu’il s’agisse de notre rapport aux choses, aux autres, ou à nous-mêmes — alors la prison semble paradoxalement être un lieu idéal pour philosopher.

 

Tout d’abord, il ne va pas de soi de proposer un exercice de pensée libre dans un espace dont la nature même est d’être contraignant et hyper-normé.

La réflexion critique, une fois qu’elle a pris son élan, ne peut reconnaître de limites externes : par définition, la pensée autonome se fixe ses propres règles, et refuse toute forme d’argument d’autorité. La seule force qu’elle reconnaît, c’est celle des arguments et des preuves.

 

Quelle place la philosophie ainsi définie peut-elle se faire dans l’univers carcéral ?

La pensée rationnelle se propose de mettre à distance les affects, et de refuser toute forme de violence. Or la prison est un lieu saturé non seulement d’émotions et de passions, mais aussi de toutes sortes de violences — symboliques, physiques, verbales, etc. Le bâtiment lui-même, en est un signe...

Ainsi, la réalité matérielle du lieu apparaît comme un obstacle supplémentaire à l’exercice d’une pensée sereine et dépassionnée. La présence même des participants ne va pas non plus de soi, si on la compare notamment aux conférences et «cafés philo» qui ont lieu dans d’autres espaces.

 

La fonction même de la prison — qui est associée, la plupart du temps, à l’idée de punition — soulève un autre type de difficultés. Proposer de la philosophie dans un espace de détention, n’est-ce pas associer cette discipline à l’idée de peine, de sanction, de châtiment ?

 

Ces différentes questions créent un effet d’insécurité et d’inquiétude, qui participe sans doute à l’intérêt du projet. Qu’elle se déploie à l'école, au lycée, à l’université, dans un café, une maison de retraite ou dans une prison, l’activité philosophique doit toujours se méfier de la routine, de l’automatisme, et du confort.

 

Ces ateliers sont donc un incroyable laboratoire sur la question de la subjectivité, et de l’intersubjectivité.

 

 

Des interventions sur mesure

 

Nous prenons soin avant chaque intervention d’échanger longuement en amont  avec les personnels pénitentiaires afin de cerner les attentes et besoins des détenus comme ceux de l’institution.

 

Pour plus de renseignements, veuillez vous rapprocher de nous.